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Babel :: l'origine de l'empire mondial des religions

    Torsions volontaires des écritures

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    Message  Arlitto Lun 26 Oct - 12:47

    Rappel du premier message :

    Torsions volontaires des écritures

    1 Jean 5:7 dans le Textus Receptus, et donc la King James. Il dit : "Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, la Parole, et l’Esprit Saint, et ces trois-là sont un"

    c’était une falsification connue. Il a été inclus dans les écrits ultérieurs, parce qu'il n'y avait aucun verset dans la Bible qui soutenait le concept des triades égyptiennes, qui avaient été incorporées dans le Christianisme romain. 

    Trois est également important dans l'ancienne religion de la mère terre, qui était évidente en tant que sous-culture féminine impliquant le culte de la nature et d'autres formes de naturalisme, identifiée plus tard à la sorcellerie. Donc, n'ayant aucune base biblique pour la Trinité, ils en ont forgé une.
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    Message  Arlitto Lun 26 Oct - 13:19

    L'épisode de la femme adultère

    Jean 8.1 Jésus se rendit à la montagne des oliviers. 8.2 Mais, dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S'étant assis, il les enseignait. 8.3 Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; 8.4 et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. 8.5 Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? 8.6 Ils disaient cela pour l'éprouver, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus, s'étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. 8.7 Comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. 8.8 Et s'étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. 8.9 Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu'aux derniers; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. 8.10 Alors s'étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit: Femme, où sont ceux qui t'accusaient? Personne ne t'a-t-il condamnée? 8.11 Elle répondit: Non, Seigneur. Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus.


    "L'histoire de Jésus et de la femme adultère est probablement l'une des histoires les plus populaires des évangiles et sans le moindre doutes, l'une des préférées des versions de sa vie réalisées par Hollywood... L'histoire est brillante, elle est pleine de dramatisme, et elle contient un renversement de situation très intelligent lorsque Jésus utilise son gémie pour sauver la pauvre femme. Cependant, pour un lecteur attentif le récit soulève plusieurs questions.

    Par exemple, si la femme était surprise durant l'acte d'adultère, ou est l'homme avec lequel elle fût surprise? Selon la Loi de Moïse les deux devaient être lapidés (voir Lévitique 20:10)... Malgré son côté brillant, sa capacité á captiver et son intrigue inhérente, l'histoire soulève un problème additionnel énorme car il s'avère qu'elle ne se trouvait pas originellement dans l'évangile de Jean. D’ailleurs, à l'origine, elle ne faisait partie d'aucuns des évangiles canoniques, mais elle fût rajouter par un scribe postérieur.

    Comment sait-on que se fût ainsi? Sur ce cas en particulier, les chercheurs qui travaillent avec la tradition manuscrite n'ont aucun doute sur la véracité de cette conclusion... Pour le moment je vais me limiter à citer quelques faits basiques que pratiquement tous les spécialistes, indépendamment de leur croyances religieuses, considèrent convaincants: Le récit n'apparaît pas dans le manuscrit le plus ancien et le mieux conservé de l'évangile de Jean, son style est très différent au reste de l'évangile, il emploi un grand nombre de mots et d'expressions étrangères au reste du texte. La conclusion est inévitable: cette épisode ne faisait pas parti de la version original de l'évangile.

    ... la majorité des experts pensent qu'il s’agissait probablement d'un récit populaire qui circulait dans les traditions orales sur Jésus et qu'à un moment il fût transcrit à la marge d'un manuscrit. Ensuite, un scribe ou un lecteur pensât que la note à la marge faisait partie du texte et l'insérât immédiatement après la fin de l'épisode rapporté en jean 7:52.

    Il est important de signaler que d'autres scribes ont inséré le récit dans différentes parties du Nouveau Testament, certains après Jean 21:25 par exemple, et d'autres, ce qui est très intéressant, après Luc 21:38. En tous cas, peu importe qui a écrit ce récit, le fait est que ce n'était pas l'auteur de l'évangile de Jean." (Misquoting Jesus : The Story Behind Who Changed the Bible and Why par Bart D. Ehrman, Chapitre 2)


    Frédéric Godet, protestant et docteur en théologie a fait une bonne analyse de ce sujet :

    « Trois questions s'élèvent au sujet de ce morceau : Appartient-il réellement au texte de notre évangile ? Sinon, comment y a-t-il été introduit ? Que penser de la vérité du fait lui-même?

    Le témoignage le plus ancien de la présence de ce passage dans le N. T. est l'usage qu'en font les Constitutions apostoliques (I, 2, 24), pour justifier l'emploi des moyens de douceur dans la discipline ecclésiastique envers les poenitentes. Cet écrit apocryphe paraît avoir reçu sa forme définitive vers la fin du IIIe siècle. Si donc ce passage est inauthentique chez Jean, son interpolation doit remonter jusqu'au IIIe ou IIe s.

    Les pères du IVe siècle, Jérôme, Ambroise, Augustin, en admettent l'authenticité et pensent qu'il a été retranché dans une partie des documents par des hommes faibles dans la foi, qui auraient craint « que leurs femmes n'en tirassent des conséquences immorales » (Augustin). Certains Mss. de l'Itala (Veronensis, Colbertinus, etc.), du IVe au XIe s., la Vulgate, la traduction syriaque de Jérusalem, du Ve s., les Mss. D F G H K U G, du VIe au IXe s., et plus de 300 Mnn. (Tischendorf), lisent ce passage et ne le marquent d'aucun signe de doute.

    En échange, il manque dans la Peschitto, la Syr. du Sinaï., celle de Cureton, la Philoxénienne (texte primitif) et Tatien, dans les Vss. sahidique, copte, goth., arménienne, et dans deux des meilleurs Mss. de l'Itala, le Vercellensis, du IVe, et le Brixianus, du VIe s. Tertullien, Cyprien, Origène, Chrysostome n'en parlent pas, A B C L N T X D du IVe au IXe s., et 70 Mnn., l'omettent complètement (L et D en laissant un espace vide) ; E M S L P et 45 Mnn. le marquent de signes de doute. Enfin, dans quelques documents, il se trouve transposé : un Mn. (225) le place après 7.36 ; dix autres, à la fin de l'évangile ; quatre enfin (13, 69, 124, 346)a, dans l'évangile de Luc, à la suite du ch. 21. Euthymius l'envisage comme une addition utile ; Théophylacte le retranche tout à fait.

    Au point de vue de la critique externe, trois faits prouvent l'interpolation :

    1. Il est impossible d'envisager l'omission de ce morceau, dans les nombreux documents que nous venons d'examiner, comme purement accidentelle. S'il était authentique, il faudrait nécessairement qu'il eût été retranché à dessein et par le motif que supposent quelques Pères. Mais, à compte-là combien d'autres retranchements n'eût-on pas dû faire dans le Nouveau Testament ? Et se serait-on permis une semblable liberté à l'égard d'un texte décidément connu comme apostolique?

    2. De plus, le texte varie extraordinairement dans les documents qui présentent ce morceau ; on compte plus de quatre-vingts variantes dans ces douze versets. Griesbach a distingué trois textes tout différents : le texte ordinaire celui de D, et un troisième qui résulte d'un certain nombre de Mss. Un vrai texte apostolique n'a jamais subi de telles altérations.

    3. Comment se fait-il que le morceau tout entier se trouve si diversement placé dans les documents : après 7.36, à la fin de notre évangile, à la fin de Luc ch. 21, enfin entre les chapitres 7 et 8 de notre évangile comme dans le T. R.? Une telle hésitation est également sans exemple à l'égard d'un vrai texte apostolique.

    Au point de vue de la critique interne, trois raisons confirment ce résultat :

    1. Le style n'a point le cachet johannique ; il a bien plutôt les caractères de la tradition synoptique. Le oÞn, forme de transition la plus usitée chez Jean, manque complètement ; il est remplacé par dè (11 fois). Les expressions îrjrou (Jean dit prwò), p c å laìc, kajÐsac âdÐ-dasken, oÉ grammateØc kaÈ oÉ farisaØoi, sont sans analogie chez Jean et rappellent les formes synoptiques. D'où proviendrait cette différence, si le morceau était authentique?

    2. Le préambule 7.53 ne présente, comme nous le verrons, aucun sens précis. Il est d'une amphibologie suspecte.

    3. Enfin il y a disharmonie complète entre l'esprit de ce récit et celui de toute la narration johannique. Celle-ci nous présente dans cette partie le témoignage que Jésus se rend à lui-même et la position de foi ou d'incrédulité que prennent à cette occasion ses auditeurs.

    A ce point de vue, le récit de la femme adultère ne peut être envisagé dans notre évangile que comme un hors-d'œuvre. Comme le dit très bien Reuss : « Des anecdotes de ce genre, aboutissant à un enseignement essentiellement moral, sont étrangères au IVe évangile. »

    Aussitôt qu'on retranche ce passage, la liaison entre le témoignage qui précède et celui qui suit, saute aux yeux. Elle est expressément marquée par le p?lin, de nouveau, 8.12, qui rattache la nouvelle déclaration, 8.12-20, à celle du grand jour de la fête, 7.37 et suiv. Aussi l'authenticité de ce morceau n'est-elle plus admise que par un petit nombre d'exégètes protestants (Lange, Ebrard, Wieseler), par les interprètes catholiques (Hug, Scholz, Maier) et par quelques adversaires de l'authenticité de l'évangile qui se font une arme des invraisemblances internes du récit (Bretschneider, Strauss, B. Bauer, Hilgenfeld).

    Dès le temps de la Réformation, il a été jugé inauthentique par Erasme, Calvin, Bèze ; plus tard, il a été également éliminé par Grotius, Wetstein, Semler Lücke, Tholuck, Olshausen, de Wette, Baur, Reuss, Luthardt, Ewald, Hengstenberg, Lachmann, Tischendorf, Westcott et Hort, Meyer, Weiss, Keil, Jülicher, Zahn, etc. Selon Hilgenfeld, ce morceau aurait en sa faveur des témoignages prépondérants ; il nous placerait dans le vrai milieu des jours qui suivaient le grand jour de fête ; enfin il serait exigé par la parole 8.15 a.

    Ces raisons n'ont pas besoin d'être réfutées. » (Frédéric GODET, docteur en théologie, professeur à la faculté de l'Église indépendante de Neuchâtel, Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean, Deuxième partie : le développement de l'incrédulité en Israël. Premier cycle, troisième section : la lutte à son plus haut degré d'intensité à Jérusalem. III : Dans et après le grand jour de la fête, Le récit de la femme adultère, 1902, pages 921-923.)


    Le grand théologien protestant, Bruce Metzger dit dans son  commentaire du « Greek New Testament », dont il est l’un des membres actifs du comité qui le mit par écrit et en fit sa critique textuel :

    « L’évidence pour l’origine non Johannique de la péricope de la femme adultère est dominant. Il est absent des manuscrits (la liste est déjà cité au-dessus)…En orient, il est absent des plus anciennes formes de la version Syriaque, bohaïrique, Sahidique, sub-Achmimique. Quelques manuscrits Arménien et la vieille version géorgienne l’omettent aussi. En occident, le passage est absent de la version Gothique et de plusieurs anciens manuscrits Latin…Le Comité est UNANIME pour dire que la péricope de la femme adultère ne fait pas parti originellement des 4 évangiles… »  « Commentaire de Bruce Metzger du Greek New Testament » 2ème édition, p.188-189

    Nous pouvons citer également le grand théologien catholique Raymond Brown qui nous dit :

    « Le passage de 7:53_8:11 sur le jugement de la femme adultère manque dans les meilleurs manuscrits grecs. Si pour beaucoup (dont les catholiques) ce récit est canonique, inspire, l’histoire est presque certaine ici hors de son contexte, en dépit d’une possible relation avec 8, 15.46a. Quelques manuscrits placent cet épisode après Lc 21 :38 comme la continuation des questions posées à Jésus avant son arrestation (Lc 20 :20-40). Peut être s’agit-il d’un récit ancien sur la miséricorde de Jésus envers les pécheurs (voir Papias en HE 3, 39, 17), qui aurait voyagé indépendamment des quatre évangiles et n’aurait pu y figurer qu’après un changement dans la répugnance de l’Église à pardonner l’adultère (Le Pasteur d’Hermas, Mandat 4,1)… » (Raymond E.Brown, ‘Que sait-on du Nouveaux Testament’, Bayard 2011, p419)  


    Nous rajouterons que toutes les bibles comportant des notes explicatives informent leur lecteurs des problèmes d'authenticité de ce récit :

    Bible de Neuchâtel :

    On trouve une description semblable dans #Lu 21:37,38. -Le dernier verset de #Jn 7 et les deux premiers par lesquels s'ouvre notre #Jn 8 forment une sorte d'introduction à l'histoire de la femme adultère qui va suivre. Ils font partie du fragment dont l'authenticité est contestée. Voici d'abord, à cet égard, l'état des documents sur lesquels s'appuie la critique du texte.

    1° Un grand nombre de manuscrits, Sin., B, A, C, etc., du quatrième au neuvième siècle, omettent entièrement ce récit, et plusieurs de ceux qui l'ont conservé le marquent de signes de doute.

    2° Les versions anciennes, sauf quelques manuscrits de l'Itala ne le renferment pas davantage.

    3° Les Pères de l'Église des trois premiers siècles, et même Chrysostome, ne le mentionnent pas comme renfermé dans notre évangile. Origène, qui s'est occupé spécialement de l'état du texte, n'en parle pas.  

    4° Dans plusieurs documents, ce morceau se trouve placé à la fin de l'évangile de Jean; dans quelques autres à la suite de #Lu 21.

    5° Ces versets abondent en variantes diverses, ce qui est toujours un signe peu favorable à l'authenticité.

    6° Le style de ce récit n'est pas celui de Jean; il porte tous les caractères des narrations synoptiques. Aussi la plupart des critiques et des exégètes se refusent-ils à considérer ce récit comme faisant partie de l'évangile de Jean. Ainsi Erasme, Calvin, Bèze Lücke, Tholuck, Olshausen, de Wette Reuss, Hengstenberg, Meyer, MM. Weiss, Luthardt, Keil, Godet, et tous les modernes éditeurs du texte.
    Rappelons, d'autre part, que sept majusc. (dont D), du sixième au neuvième siècle, et un très grand nombre de minusc., aussi bien que quelques exemplaires de l'Itala, la Vulgate, la version syr. de Jérusalem, contiennent ce récit sans le marquer d'aucun signe de doute. Jérôme, écrivant au quatrième siècle, témoigne (Adv. Pelag. 2, 17) que cette relation se trouvait "en plusieurs manuscrits, tant grecs que latins." Aussi plusieurs interprètes éminents, Augustin, Bengel, Hug, Ebrard, Stier, Lange, soutiennent-ils l'authenticité de ce fragment alléguant avec Augustin qu'il n'a été retranché, à l'origine, que par la crainte de l'influence morale qu'il pouvait exercer à une époque où, d'une part, un grand relâchement des mœurs et, d'autre part, un faux ascétisme s'étaient introduits dans l'Église. -Quant à la vérité historique du fait, on peut dire avec Meyer : "Cette histoire porte un tel cachet d'originalité, il est si évident qu'elle n'est imitée d'aucun autre récit de la tradition évangélique, qu'il est impossible d'y voir une légende d'un temps postérieur, sa vérité interne se justifie facilement par l'exégèse, malgré les doutes qu'on a soulevés." Le récit est en tous cas fort ancien, Eusèbe rapporte (Hist. eccl. 3: 39) que l'écrit de Papias sur les évangiles contenait l'histoire d'une femme qui, à cause de ses péchés, fut accusée devant le Seigneur. "Cette histoire, ajoute t-il, se trouve dans l'évangile des Hébreux." Cela prouverait que notre récit appartient à la tradition apostolique. Il a été inséré dans la suite à cette place, parce que le piège tendu à Jésus {#Jn 8:6} paraissait en harmonie avec les dispositions hostiles des autorités à son égard. {#Jn 7:32,45 et suiv.}.


    Bible du Semeur :

    Les versets 7.53 à 8.11 sont absents des manuscrits les plus anciens. Quelques manuscrits les situent ailleurs, à la fin de l'évangile ou après Lc 21.38.


    TOB :

    La section 7,53-8,11 est omise par les mss les plus anciens et par de nombreuses versions : d'autres la placent soit après les vv. 36 ou 44, soit à la fin de l'évangile ; d'autres encore l'introduisent après Lc 21,38. Les Pères grecs semblent l'ignorer ; le texte lui-même présente de nombreuses variantes et ne possède pas les caractéristiques du style Johannique. C'est pourquoi on peut estimer que cette péricope n'appartenait pas primitivement à l'évangile de Jn. Il s'agit d'une tradition indépendante, insérée après coup ; son caractère canonique n'est pas à contester.


    Bible de Jérusalem :

    Cette péricope, 7.53 - 8.11, omise par les plus anciens témoins (mss, versions et Pères), déplacée par d'autres, au style de couleur synoptique, ne peut être de saint Jean lui-même. Elle pourrait être attribuée à saint Luc, cf Luc 21.38. Sa canonicité, son caractère inspiré et sa valeur historique n'en sont pas moins hors contexte.


    ACEBAC :

    Le récit de la femme adultère {#Jn 7:53 8:1-11} manque dans les plus anciens manuscrits grecs. Les Pères grecs ne l'ont pas connu ou bien ne l'ont pas regardé comme authentique. Plusieurs traductions anciennes (latine, syriaque, copte...) ne le contenaient pas.

    On lisait pourtant cette péricope en Occident et dans l'Église de Syrie dès le IIIe siècle. Mais la place de ce récit est instable chez les témoins qui le rapportent : on le retrouve en cinq endroits différents soit dans l'évangile de Jean, soit dans celui de Luc. De plus, ce passage tranche sur le contexte et l'ensemble du texte johannique par son contenu, son style et sa langue, qui rappellent par contre beaucoup le style et la langue de Luc.

    On admet donc généralement que ce passage n'a pas été rédigé par l'auteur du quatrième évangile et qu'il n'appartenait pas à l'édition originale de cet évangile. Le concile de Trente regarde ce texte comme un écrit canonique; sa définition porte sur la canonicité, non sur l'authenticité johannique du passage.


    - Le passage de la femme adultère ne se trouve pas dans les plus anciens manuscrits et les mieux conservés.

    - Dans d’autres manuscrits, ce récit se trouve placé ailleurs, par exemple après Jean 7:36 ou à la fin de l’évangile de Jean. Ou encore à la fin de Luc 21, après le verset 31.

    - Dans d’autres manuscrits tardives, le texte bien que cité est mis entre crochets pour montrer qu’il ne faisait pas partie de l’original.

    - Le style est très différent du reste de l’évangile.

    - Après des recherches minutieuses, tous les spécialistes chrétiens ou pas sont d’accord sur la non authenticité de ce récit.

    .
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    Message  Arlitto Lun 26 Oct - 13:19

    L'Évangile de Marc (16: 9 à 20)

    16.9 Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut d'abord à Marie de Magdala, de laquelle il avait chassé sept démons. 16.10 Elle alla en porter la nouvelle à ceux qui avaient été avec lui, et qui s'affligeaient et pleuraient. 16.11 Quand ils entendirent qu'il vivait, et qu'elle l'avait vu, ils ne le crurent point. 16.12 Après cela, il apparut, sous une autre forme, à deux d'entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. 16.13 Ils revinrent l'annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. 16.14 Enfin, il apparut aux onze, pendant qu'ils étaient à table; et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. 16.15 Puis il leur dit: Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. 16.16 Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. 16.17 Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront les démons; ils parleront de nouvelles langues; 16.18 ils saisiront des serpents; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur feront point de mal; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris. 16.19 Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel, et il s'assit à la droite de Dieu. 16.20 Et ils s'en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmait la parole par les miracles qui l'accompagnaient.

    Les 12 versets à la fin de l'évangile de Marc que nous trouvons dans les bibles modernes sont une célèbre interpolation selon les spécialistes. Qu’ils soient chrétiens ou pas, tous les spécialistes s'accordent pour dire que ces 12 versets n'ont pas été rédigés par l'auteur de l'évangile de Marc:

    « Les spécialistes sont d'accord sur le fait que les versets 9-20 de l'évangile canonique de Marc n'ont pas été écrit par l'auteur de l'évangile mais qu'ils ont été rajouté à l'évangile au deuxième siècle. » (Timothy R. Carmody, "Gospel of Marc Question By Question", Question by Question Bible Study Commentary, pp 57.)


    Bart Ehrman nous dit:

    « ... les preuves que ce récit n'appartient pas au texte original de Marc sont similaires à celles mentionnées dans le cas du récit de la femme adultère. Je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'exposer ici tous les détailles de cette affaire. Ces versets sont absents dans deux manuscrits des plus anciens et mieux conservés de l'évangile de Marc, le style est différent au reste de l'évangile, la transition entre ce passage et le précédent est difficile à comprendre (par exemple le verset 9 présent Marie de Magdala comme si elle n'avait pas encore été mentionnée alors que les versets précédent se référent à elle. En grec il y a un problème suplémentaire qui rend la transition mal à droite), et le passage inclut un grand nombre de mots et d'expressions qu'on ne trouve pas ailleurs dans l'évangile. » (Misquoting Jesus : The Story Behind Who Changed the Bible and Why par Bart D. Ehrman Chapitre2)


    Le Docteur en théologie, Frédéric Godet nous dit également:

    « Avec 16.8, se termine le second évangile dans les deux plus anciens manuscrits, le Vaticanus et le Sinaïticus, dans la plupart des Mss. de l’ancienne traduction latine et d’autres documents encore. Mais il est bien évident que ce ne peut avoir été là la fin du récit, dans l’intention de l’auteur. Il avait annoncé une apparition de Jésus aux femmes et aux disciples, et il ne pouvait raisonnablement terminer sans l’avoir racontée ou mentionnée,ou du moins sans avoir expliqué pourquoi elle n’aurait pas eu lieu.Cependant il est clair aussi que l’emploi public de notre évangile dans les églises ne permettait pas de laisser le récit ainsi suspendu, et c’est pourquoi de très bonne heure, dès le commencement du second siècle, une fin de notre évangile aurait été ajoutée. »  (Frédéric Godet, Introduction aux Nouveau Testament: Les évangiles synoptiques, Théotex, pp 315)


    Le théologien catholique Raymond Brown dit également:

    « Une finale décrivant les apparitions du ressuscité ajouté par un copiste postérieur : ce que je viens de dire est l’opinion de la majorité : l’évangile de Marc se termine avec Mc 16 :8. Mais quelques exégètes soutiennent vigoureusement l’hypothèse d’une fin perdue (une page finale du codex qui sait détachée ?), affirmant que Mc aurait certainement raconté l’apparition en Galilée promise en 16 :7 (comme le fait Mt 28 :16-20)… Le problème fut remarqué dès l’Antiquité, car certains manuscrits de Mathieu témoignent de trois conclusions différentes ajoutées par des copistes, probablement pour tenter de corriger le coté abrupt de 16:8. »  (Raymond E.Brown, ‘Que sait-on du Nouveaux Testament’, Bayard 2011, p 190)  


    De même, les bibles comportant des notes explicatives ou des commentaires mentionnent la non-authenticité de ce passage.



    La Bible de Neuchâtel:

    Les versets qui suivent (versets 9-20) ne paraissent pas avoir fait partie de l'évangile de Marc qui, à l'origine, s'arrêtait inachevé à la fin du verset 8.
    Les critiques les plus dignes de confiance n'en admettent pas l'authenticité. Leurs raisons, dont voici les principales, sont du plus grand poids.

    1° Cette fin de l'évangile manque dans Sin. et dans B, ainsi que dans quelques versions.

    2° Un manuscrit du huitième siècle et plusieurs versions latines ont une courte conclusion de l'évangile, tout autre que celle qui nous a été conservée ici.

    3° Dans une trentaine de manuscrits de l'évangile de Marc, en lettres cursives, se trouvent des remarques indiquant que les plus anciens documents s'arrêtaient à notre verset 8.

    4° Plusieurs Pères de l’Église, entre autres Eusèbe et Jérôme, déclarent positivement que cette fin de notre évangile n'était pas renfermée dans les plus anciennes copies.

    "Les manuscrits exacts, dit Eusèbe, terminent le récit de Marc aux paroles du jeune homme qui apparut aux femmes et leur dit : Ne vous effrayez point, jusqu'aux mots : car elles avaient peur. Ce qui suit se trouve dans quelques rares copies."

    "La fin de l'évangile de Marc se trouve dans fort peu de manuscrits; presque tous les exemplaires grecs ne la contiennent pas." Ainsi parle Jérôme.

    - Outre ces témoignages si convaincants, un examen attentif de notre fragment conduit à la même conclusion. On n'y retrouve ni le style de Marc ni sa manière pittoresque et détaillée de raconter. Il ne renferme que quelques faits isolés, à peine indiqués et évidemment empruntes aux autres évangiles, ainsi que nous le ferons remarquer dans les notes.

    Cependant, si ce morceau n'est pas de Marc, il est certain qu'il remonte à une haute antiquité ; car le plus grand nombre des versions et des manuscrits le renferment, et il était déjà connu d'Irénée, qui en cite un passage. Par ces raisons, plusieurs théologiens de nos jours persistent à attribuer à Marc cette de son évangile. Il est plus probable que, peu après le temps des apôtres, une main pieuse voulut achever le récit de Marc et pour cela, consigner ici les principales apparitions de Jésus-Christ ressuscité et son ascension. (Voir les notes critiques de Tischendorf et le Nouveau Testament de Rilliet, à la fin de Marc.)

    La simple lecture de ce verset fait sentir que c'est ici le commencement d'un écrit nouveau, et non la continuation du récit de Marc par Marc lui-même. Celui-ci aurait-il répété ainsi l'indication du jour et du moment de la résurrection de Jésus après l'avoir racontée ? (Comparer versets 1,2) Puis n'aurait-il pas rapporté l'apparition de Jésus à Marie, de manière à faire suite au verset 8, ce qui n'est point le cas ici ?

    Puis notre fragment se termine par cette remarque que le Seigneur opérait avec eux, par son Saint-Esprit de lumière et de vie et par les signes ou miracles qui accompagnaient leur parole.

    - Ce fragment peut donc se lire à la suite de l'évangile de Marc resté inachevé, comme un résumé antique et précieux de faits rapportés en détail par les autres récits évangéliques.



    La Bible de Jérusalem:

    « La finale de Marc vv. 9-20 fait partie des Écritures Inspirée, elle est tenue pour canonique. Cela ne signifie pas nécessairement qu’elle est été rédigée par Marc. En faite, son appartenance à la rédaction du second évangile est mise en question. Les difficultés proviennent d’abord de la tradition manuscrite.

    Plusieurs mss. Dont Vat. Et Sin. Omettent la finale actuelle. Au lieu de la finale ordinaire, un manuscrit donne une finale plus courte qui continue le verset 8 : « Elles racontèrent brièvement aux compagnons de Pierre ce qui leur avait été annoncé. Ensuite Jésus lui-même fit porter par eux, de l’orient jusqu’au couchant, le message sacré et incorruptible du salut éternel. ». Quatre manuscrits donnent à la suite les deux finales, la courte et la langue. Enfin, un des manuscrit qui donne la finale longue intercale entre le v14 et le v15 le morceau suivant : « Et ceux-ci alléguèrent pour leur défense :’Ce siècle d’iniquité et d’incrédulité est sous la domination de Satan, qui ne permet pas que ce qui est sous le joug des esprits impurs conçoive la vérité et la puissance de Dieu. Révèle donc des maintenant ta justice.’. C’est ce qu’il disait au Christ, et le Christ leur répondis : ‘Le terme des années de pouvoir de Satan est comble, et cependant d’autres choses terribles sont proches, et j’ai été livré à la mort pour ceux qui ont péché, afin qu’ils se convertissent à la vérité et qu’ils ne pèchent plus, afin qu’ils héritent de la gloire de justice spirituelle et incorruptible qui est dans le ciel…’ .

    […]

    Par ailleurs on a peine à admettre que le second évangile dans sa première rédaction s’arrêtait brusquement au v8. D’où la supposition que la finale primitive a disparue pour une cause inconnue de nous et que la finale actuelle a été rédigée pour combler la lacune. Elle se présente comme un résumé sommaire des apparitions du Christ ressuscité, dont la rédaction est sensiblement différente de la manière habituelle de marc, concrète et pittoresque… »



    La Traduction Oecuménique de la Bible (Bible TOB):

    « La tradition manuscrite est très incertaine pour les vv 9-20 qui terminent ici l’évangile de Marc :

    -  Cette finale n’est pas attesté par un certains nombre de témoins. Quelques copistes ont même précisait que le verset 8 marquait la fin de l’évangile.

    Il existe à coté de la version longue la plus courante dont nous donnons la traduction, une version courte : « Elles racontèrent brièvement aux compagnons de Pierre ce qui leur avait été annoncé. Ensuite Jésus lui-même fit porter par eux, de l’orient jusqu’au couchant, le message sacré et incorruptible du salut éternel. »

    -  Quelques témoins donnent à la fois la version longue et la version courte.

    Un témoin intercale entre les vv 14 et 15 de la version longue une objection des disciples et une réponse du christ, ainsi rédigées : « Et ceux-ci alléguèrent pour leur défense :’Ce siècle d’iniquité et d’incrédulité est sous la domination de Satan, qui ne permet pas que ce qui est sous le joug des esprits impurs conçoive la vérité et la puissance de Dieu. Révèle donc des maintenant ta justice.’. C’est ce qu’il disait au Christ, et le Christ leur répondis : ‘Le terme des années de pouvoir de Satan est comble, et cependant d’autres choses terribles sont proches, et j’ai été livré à la mort pour ceux qui ont péché, afin qu’ils se convertissent à la vérité et qu’ils ne pèchent plus, afin qu’ils héritent de la gloire de justice spirituelle et incorruptible qui est dans le ciel…’ »


     Les vv 9-20 de Marc ne se trouvent pas dans les plus anciens manuscrits et les mieux conservés.  Dans certains manuscrits, il est même clairement annoncé après le v.8 : « Fin de l’évangile. »

    -  Plusieurs Pères de l'Église, entre autres Eusèbe et Jérôme, ont explicitement reconnu la non authenticité des vv 9-20.

    -  Il existe jusqu’à trois finales différentes de l’évangile de Marc, les plus connus sont la version longue, celle qui se trouve actuellement dans la majorité des bibles. Ainsi que la version courte qui se trouve dans un grand nombre de manuscrits et que voici : « Elles racontèrent brièvement aux compagnons de Pierre ce qui leur avait été annoncé. Ensuite Jésus lui-même fit porter par eux, de l’orient jusqu’au couchant, le message sacré et incorruptible du salut éternel. »

    -  Certains scribes ont tellement hésité entre les deux finales qu’ils ont choisi de copier les deux à la fois.

    -  Le style des vv 9-20 diffère du style de Marc.

    -  Tous ces éléments on conduit tous les spécialistes qu’ils soient chrétiens ou pas, après plusieurs recherches minutieuses, à admettre que les versets 9-20 du chapitre 16 de l’évangile de Marc ne sont pas authentiques.

    .
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    Message  Arlitto Lun 26 Oct - 13:20

    Interpolations et Ajouts


    Les livres deutérocanoniques ou apocryphes

    Le Livre de Daniel fut le dernier livre à être incorporé dans le canon de la Bible juive (canon élaboré vers l'an 90 de notre ère par les Rabbins de Palestine et composé uniquement de livres écrits en Hébreu), mais aussi dans la Bible protestante, car lors de la Réforme au XVIe siècle, les Protestants suivirent St Jérôme qui était aussi partisan de ce canon. 

    Les Catholiques, lors du Concile de Trente (1545-1549), reconnurent comme également inspirés une série d'autres livres qui avaient été rédigés ou traduits en Grec. Ils les appelèrent les deutérocanoniques (seconde loi)alors que les Protestants continuent de considérer ces livres comme apocryphes (cachés, tenus secrets).


    Ces Livres deutérocanoniques ou apocryphes sont les suivants:

    Tobie :
    Le vieux Tobie, un saint devenu aveugle, se désespère: la jeune Sara, malgré sa vertu, a vu mourir tous ses fiancés et veut mourir. Tout cela est absurde. Dieu est-il absent, indifférent ? Dieu est présent dans chacune de nos vies, mais il est caché. Il faut savoir le découvrir.

    Cantiques des Cantiques :

    Un merveilleux poème qui célèbre de manière très réaliste l'amour humain dans toute son épaisseur charnelle.

    Siracide ou Ecclésiastique :
    Traduction en grec par un petit-fils d'un livre écrit vers 190 av. J.C. par le grand-père. La fidélité à la loi et sa pratique permettent d'acquérir la vraie sagesse. La personnification de cette sagesse est présente dès la création du monde et c'est par elle que le monde fut créé.

    * I Macchabée :
    Écrivant vers 100, l'auteur favorable aux Macchabées, nous raconte l'histoire des trois premiers: Juda, Jonathan, Simon,

    * II Macchabée :
    Il ne s'agit pas d'une suite au livre précédent, mais d'un résumé, fait vers 124, d'un livre antérieur écrit par Jason. On y découvre la spiritualité des Pharisiens et leur attachement total à Dieu. La guerre des Macchabées est une guerre sainte, engendrant le martyre, comme celui du vieil Éleazar. On y retrouve la doctrine pharisienne de la résurrection.

    * Judith et Esther :
    C'est Dieu qui sauve. Il choisit pour cela les moyens les plus faibles: la main d'une femme.
    Deux autres livres viennent compléter la série des deutérocanoniques, mais ils ont été écrits dans la diaspora, l'un à Babylone l'autre en Égypte.

    * Baruch (Babylone) :
    Attribué à Baruch, secrétaire du prophète Jérémie, ce livre est composé de quatre parties écrites à des époques différentes:
    - Nos péchés ont rompu notre relation avec Dieu (I, 1-14).
    - Le seul recours que l'on a, c'est la tendresse et la fidélité de Dieu (1, 15 - II,18).
    - La sagesse de Dieu n'est autre que la loi. C'est donc en pratiquant la loi que l'on acquiert la sagesse (III, 19 - IV, 4).
    - Encouragement à Jérusalem car Dieu lui accorde sa lumière et sa miséricorde (IV,5 - V,9).

    * La Sagesse (Égypte) :
    Composé à Alexandrie vers 50-30 avant J.C, ce livre est divisé en trois parties:
    - La destinée humaine selon Dieu (I - V). Sommes-nous nés du hasard ? Non, car Dieu a créé l'homme incorruptible en le faisant image de sa propre nature.
    - L'éloge de la Sagesse (VI,1 - XI,3). L'auteur nous presse de rechercher la sagesse de Dieu, ami de l'homme. C'est elle qui guida Adam, Noé, Abraham et Moïse.
    - Méditations sur l'Exode (XI,4 - XIX,22). Les plaies d'Égypte sont punition pour les uns, salut pour les autres.





    Ce qu'il faut retenir, c'est que le livre : Cantiques des Cantiques et le livre d'Esther, sont reconnus comme canon par tous les biblistes, ce qui n'a pas toujours été le cas.

    Devait-on ne pas tenir compte de ses deux livres ???

    + Le livre de Daniel reconnu canon aurait été élaboré vers l'an 90 de notre ère par les Rabbins de Palestine

    .
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    Message  Arlitto Lun 26 Oct - 13:20

    Les Épîtres de Paul :

    1e lettre aux Thessaloniciens, Corinthe 50/51 = ok

    Lettre aux Philippiens, Ephèse 55/57 = ok

    Lettre aux Galates, Ephèse 55/57 = ok

    1e lettre aux Corinthiens, Ephèse (?), 55/57 = ok

    2e lettre aux Corinthiens, Macédoine 55/57 =ok

    Lettre aux Romains, Corinthe 57/58, Billet à Philémon, Rome 61/63 = ok

    2e lettre aux Thessaloniciens (authenticité contestée)

    Lettre aux Colossiens (très contestée), Rome (?)

    Lettre aux Ephésiens (contestée), Rome (?)

    Lettres pastorales contestées:
     deux lettres à Timothée et une lettre à Tite.

    Un livre inauthentique, mais digne de Paul: - l'Épître aux Hébreux.




    Nouveau Testament :

    Apocalypse de Jean (finalement admise dans le canon du Nouveau Testament)


    Les livres douteux :

    - Épîtres de Jacques et de Jude.

    - 2e Épître de Pierre.

    - 2e et 3e Épîtres de Jean.

    Les Livres contestés :

    Épîtres de Jacques, Jude, 2e de Pierre, 2e et 3e de Jean.

    .
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    Message  Arlitto Lun 26 Oct - 13:20

    Découverte du tombeau vide

    Récit de Marc (16, 1-8). Le dimanche matin les femmes (Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et Salomé) vont au tombeau. 

    Elles trouvent la pierre ôtée et constatent que Jésus a disparu.

     À sa place, elles voient un jeune homme vêtu d'une robe blanche qui leur annonce la résurrection, leur enjoint d'aller prévenir les apôtres de se rassembler en Galilée où Jésus les attend.

    Il y a tout lieu de croire que ce début du chapitre 16 est ajouté à l'Urmarcus qui finissait avec le chapitre 15 et la mise au tombeau de Jésus par un Juif. Quant à la suite du chapitre 16, elle est un ajout supplémentaire et ultérieur comme le démontrent les plus anciens manuscrits.

    Bible :

    Marc 16:1 Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates, afin d'aller embaumer Jésus.  2 Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre, de grand matin, comme le soleil venait de se lever.  3 Elles disaient entre elles : Qui nous roulera la pierre loin de l'entrée du sépulcre ?





    Note : J'ai toujours dit que l'épisode de ces femmes qui veulent embaumer le corps d'un homme mort et enterré depuis 3 jours était totalement impossible, et qu'il ne pouvait s'agir que d'un ajout tardif, ou d'une interpolation.

    Pourquoi ???

    Parce qu'il est absolument interdit aux femmes dans le judaïsme et dans les Écritures de toucher, et/ou, d'embaumer le corps d'un homme mort, et mieux, il est interdit de profaner une tombe !

    .
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    Message  Arlitto Lun 26 Oct - 13:21

    .

    Marc 16 à partir du verset 9 est un récit ajouté par un copiste


    Cette finale ne se trouve pas dans les manuscrits les plus anciens :

    Marc 16

    09 Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons.

    10 Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient.

    11 Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire.

    12 Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne.

    13 Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus.

    14 Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité.

    15 Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.

    16 Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné.

    17 Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ;

    18 ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »

    19 Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu.

    20 Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

    .
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    Message  Arlitto Lun 26 Oct - 13:21

    L'Évangile de Jean



    L'Évangile de Jean est sans doute le plus intéressant du point de vue de la pensée chrétienne et de son influence sur la formation du dogme essentiel du christianisme: le dogme de la Trinité.


    Il est aussi celui qui a soulevé le plus d'interrogations quant à son auteur et à la date où il fut rédigé.

    Dans les Actes de Jean (apocryphe datant de 150 à 180), il n'y a plus qu'un seul Jean, de même que chez Irénée de Lyon (180-200), ainsi que chez Polycrate d'Ephèse dans une lettre adressée au Pape Victor en 190.


    Papias parle de deux personnages appelés Jean: "Jean l'Apôtre et Jean le Presbytre.

    Le texte de l'Évangile est déjà évoqué, sinon dans son état actuel, du moins dans ses idées, par Ignace, évêque d'Antioche vers l'an 115. 

    On peut supposer que l'origine du milieu dans lequel un tel Évangile a pu se développer est Jérusalem même où, selon les Actes, un groupe distinct des Apôtres apparaît dès les premiers temps. Il s'agit du groupe des hellénistes, conduit par Etienne qui fut lapidé (vers 36/37) parce qu'il se plaçait radicalement en marge du judaïsme officiel. Accusé devant le Sanhédrin, Etienne prononce un discours qui est une véritable provocation.

    Oscar Cullman (Le milieu Johannique, Paris 1976) voit un lien étroit entre l'Évangile de Jean et ces hellénistes.

    Le quatrième Évangile oppose fréquemment Pierre, le chef des Douze, au "disciple que Jésus aimait". C'est sans doute moins une opposition entre deux hommes, qu'une opposition entre deux milieux du christianisme primitif. Le "disciple que Jésus aimait" apparaît à plusieurs reprises dans l'Évangile. Pour Irénée, il s'agissait de Jean, l'Apôtre, fils de Zébédée et auteur de l'Évangile. Toutefois, dans le chapitre 21 de l'Évangile, le disciple en question apparaît nettement comme un personnage différent des Fils de Zébédée. On peut tenir pour certain que le chapitre 21 a été rédigé dans l'entourage de ce personnage car contrairement à ce que disent Bultmann, Goguel et Loisy, il n'est pas la simple personnification du milieu johannique.


     Il n'en reste pas moins vrai que le chapitre 21 est un ajout tardif à l'Évangile et qui attribue sa rédaction au "disciple que Jésus aimait".

    Jean 21:1 Après cela, Jésus se montra encore aux disciples, sur les bords de la mer de Tibériade. Et voici de quelle manière il se montra.  2 Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples de Jésus, étaient ensemble.  3 Simon Pierre leur dit : Je vais pêcher. Ils lui dirent : Nous allons aussi avec toi. Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien.  

    4 Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage; mais les disciples ne savaient pas que c'était Jésus.  5 Jésus leur dit : Enfants, n'avez-vous rien à manger ? Ils lui répondirent : Non.  6 Il leur dit : Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer, à cause de la grande quantité de poissons.  7 Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : C'est le Seigneur ! Et Simon Pierre, dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer.  8 Les autres disciples vinrent avec la barque, tirant le filet plein de poissons, car ils n'étaient éloignés de terre que d'environ deux cents coudées.  

    9 Lorsqu'ils furent descendus à terre, ils virent là des charbons allumés, du poisson dessus, et du pain.  10 Jésus leur dit : Apportez des poissons que vous venez de prendre.  11 Simon Pierre monta dans la barque, et tira à terre le filet plein de cent cinquante-trois grands poissons; et quoiqu'il y en eût tant, le filet ne se rompit point.  12 Jésus leur dit : Venez, mangez. Et aucun des disciples n'osait lui demander : Qui es-tu ? sachant que c'était le Seigneur.  13 Jésus s'approcha, prit le pain, et leur en donna; il fit de même du poisson.  14 C'était déjà la troisième fois que Jésus se montrait à ses disciples depuis qu'il était ressuscité des morts.  

    15 Après qu'ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre : Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu plus que ne m'aiment ceux-ci ? Il lui répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit : Pais mes agneaux.  16 Il lui dit une seconde fois : Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu ? Pierre lui répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis.  17 Il lui dit pour la troisième fois : Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu ? Pierre fut attristé de ce qu'il lui avait dit pour la troisième fois: M'aimes-tu ? Et il lui répondit : Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis.  18 En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudras pas.  19 Il dit cela pour indiquer par quelle mort Pierre glorifierait Dieu. Et ayant ainsi parlé, il lui dit : Suis-moi.  

    20 Pierre, s'étant retourné, vit venir après eux le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant le souper, s'était penché sur la poitrine de Jésus, et avait dit : Seigneur, qui est celui qui te livre ?  21 En le voyant, Pierre dit à Jésus : Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il?  22 Jésus lui dit : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi.  23 Là-dessus, le bruit courut parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Cependant Jésus n'avait pas dit à Pierre qu'il ne mourrait point; mais : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ?  

    24 C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses, et qui les a écrites. Et nous savons que son témoignage est vrai.  25 Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu'on écrirait. 


    Il se peut aussi qu'il ait été écrit par un judéen déjà établi dans la diaspora (peut-être à Antioche), avant d'être édité à Éphèse. Outre l'auteur du texte primitif, on pense à un "éditeur" ou même à "un groupe d'éditeurs" qui aurait remanié le texte et terminé par cette finale qui n'est certainement pas de la main de l'auteur: "C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses, et qui les a écrites. Et nous savons que son témoignage est vrai.


     Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le même monde pût contenir les livres qu'on écrirait" (21, 24-25).


    Bultmann a aussi démontré que l'Évangile n'est pas dans son ordre authentique et que certains chapitres ou versets ont été déplacés, rendant le récit totalement incohérent à certains endroits.

    Le style et le vocabulaire sont très différents du style et du vocabulaire des Évangiles synoptiques

    On a pris argument de certaines obscurités ou du grec médiocre pour avancer l'hypothèse que le texte grec serait une traduction d'un texte araméen. La critique moderne montre cependant que la langue de l'Évangile est celle de nombreux ouvrages grecs de l'époque, "la koiné. Ce qui caractérise aussi le vocabulaire, c'est sa variété. L'auteur utilise souvent plusieurs mots différents pour une même chose, ou lorsqu'il cite un logion (dire) de Jésus deux fois, il le cite avec de légères variantes. Il aime innover, éviter la monotonie.

    Le quatrième Évangile est en tout cas très différent des trois synoptiques, non seulement par sa théologie, mais aussi par sa structure et par de nombreux détails sur la vie de Jésus que les trois autres Évangiles ne connaissent pas. Il y a néanmoins des similitudes. Il faudrait donc choisir entre trois hypothèses:

    1. Jean ne connaissait pas les traditions synoptiques, ni les Évangiles synoptiques eux-mêmes, mais utilisait des traditions indépendantes.


    2. Jean a connu certaines traditions synoptiques et les a utilisées.


    3. Jean connaissait tout ou partie des Synoptiques, mais a consciemment réécrit ses sources afin soit (a) de les interpréter, soit (b) de les compléter, soit (c) de les remplacer. Rien ne permet de choisir entre ces réponses diverses.

    En ce qui concerne la structure, nous constatons que le ministère public de Jésus consiste en plusieurs voyages entre la Galilée et Jérusalemalors que dans les synoptiques, tout se passe en Galilée, Jésus ne venant à Jérusalem que pour y être crucifié. Ce seul voyage de Jésus à Jérusalem à l'occasion de la Pâque, suppose que le ministère de Jésus dura moins d'un an. Pour Jean, Jésus vient célébrer la Pâque au moins trois fois, donc son ministère se serait étendu sur quelque trois ans.

    Mais là n'est pas l'important en ce qui concerne ce quatrième Évangile. Il faut signaler sa théologie particulièrement, celle du prologue et celle de l'Évangile lui-même.
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    Message  Arlitto Lun 26 Oct - 13:22

    Le Prologue


    L'Évangile est introduit par un prologue (I, 1-18). 

    La différence de style entre le prologue (en vers, sauf les ajouts dont question ci-après) et l'Évangile lui-même (en prose), de même que la notion de Verbe (Logos) qui se trouve dans le prologue et qui ne se retrouve plus dans le reste de l'Évangile, ont amené certains exégètes à penser que le prologue est un texte qui existait indépendamment de l'Évangile, un poème antérieur que l'évangéliste aurait utilisé.


    Ce prologue nous introduit dans une théologie nouvelle, celle de la préexistence du Verbe, un Verbe qui est le véritable Fils unique de Dieu (monogénès, l'unique engendré).


    Les deux mots grecs, "monogénès" (l'unique engendré) et "uios" (fils), traduits en français par Fils unique et Fils, provoquent une confusion dans les textes traduits, confusion qui n'existait pas dans les originaux grecs. Avec le Dieu (ho Theos), de toute éternité, existe le Verbe qui n'est pas le Dieu, mais seulement dieu (theos), Ce Verbe est donc au-dessus de la nature humaine, il est de nature divine (Jn. I,1-2).

    De plus, (le) Dieu n'a engendré que le Verbe, car toutes les autres créatures, Il les a créées (faites) en se servant du Verbe (I, 3).

    Le Verbe est la vie et la lumière des hommes, lumière qui brille dans les ténèbres qui ne veulent pas la comprendre (I, 4-5)
    On peut voir ici une pensée semblable à celle des gnostiques sur la dualité de la lumière et des ténèbres. S'intercalent ensuite les versets 6 à 8 qui concernent Jean-Baptiste.

    Le Verbe est la vraie lumière du monde qui a été créé par lui, mais qui ne le reconnaît pas (I, 9-10).

    Le Verbe-lumière doit venir dans le monde parmi les siens qui, cependant, ne l'accueillent pas (I, 11), 

    (sauf ceux qui ont cru en lui et qui deviennent les enfants de Dieu, versets 12 et 13, versets sans doute ajoutés).

    Jean 1:12 Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu,…13 lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.


    Il faut donc que le Verbe se fasse chair et demeure parmi nous pour que nous puissions voir sa gloire, "cette gloire que, comme Fils unique, il tient du Père" (I, 14).

    Le qualificatif, "plein de grâce et de vérité" que l'on trouve dans les traductions à la suite de ces versets, est à l'accusatif dans le texte grec et ne peut donc pas se rapporter à Fils unique ou à Père qui sont des génitifs. Il faut chercher un substantif accusatif qui pourrait être Dieu du verset 18, car les versets 15 à 17 seraient des interpolations (le verset 15 est d'ailleurs la répétition du verset 30: "après moi vient un homme qui m'a devancé, parce que, avant moi, il était").

    15 Jean lui a rendu témoignage, et s'est écrié: C'est celui dont j'ai dit: Celui qui vient après moi m'a précédé, car il était avant moi. 16 Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce; 17 car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.


    Personne n'a vu Dieu. C'est le (dieu,) Fils unique, qui nous (le) dévoile (I,18). Les traducteurs ajoutent ici le pronom personnel "le" car le verbe "dévoile" n'a pas de complément direct dans le texte grec. 

    Ils supposent donc que ce complément direct est le mot Dieu qui est déjà le complément direct du verbe "vu" dans la phrase qui précède. De plus, le mot "dieu" (theos) ne se trouve que dans le manuscrit Bodner II (le plus ancien de nos manuscrits du IVe Évangile).

    Dans les autres manuscrits, il est remplacé par Fils (uios). "Dieu" est-il la version primitive, incomprise par les scribes ultérieurs qui l'ont remplacé par "fils" ? C'est peut-être aussi une interpolation, car partout ailleurs "le Fils unique" (ho monogénès) est toujours employé seul.


    Dans tous ces versets, Fils unique traduit le mot grec monogénès.


     Il se rapporte au Verbe et non à Jésus comme on le comprend habituellement. Certes, pour l'auteur du quatrième Évangile, c'est Jésus qui incarne le Verbe. C'est par Jésus que la grâce et la vérité ont été apportées (I, 16-17). Ces derniers versets pourraient aussi être un ajout inséré par l'auteur ou l'éditeur du quatrième Évangile dans le prologue si celui-ci est un texte antérieur.

    16 Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce; 17 car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.


    D'aucuns pensent que le prologue n'avait rien de chrétiencar si nous excluons tous ces versets qui sont en prose, il n'est nulle part fait mention de Jésus. Il s'écarte toutefois de l'idée que Philon se faisait du Verbe, car chez Philon, le Verbe demeure une notion impersonnelle ; il n'y est pas question d'incarnation, notion chrétienne, à moins que celle-ci ne vienne de l'hellénisme dans lequel baignait le judaïsme de la diaspora.



    L'Évangile aurait réellement débuté par les versets 6 à 8: "Il y eut un homme, envoyé de Dieu, son nom était Jean" qui n'est cependant pas la lumière, mais vient seulement rendre témoignage à la lumière. Il se continue par le verset 19 qui explique le témoignage de Jean.

    Jean 1:1 Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. 2Elle était au commencement avec Dieu. 3 Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. 4 En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. 5 La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue. 


    (I, 19-51). Jean-Baptiste rend témoignage à Jésus comme étant "l'agneau de Dieu" attendu, ce qui convainc André, un disciple de Jean-Baptiste. André va chercher son frère Simon (Pierre) qui suit Jésus à son tour. Jésus rassemble ensuite d'autres disciples (Philippe, Nathanaël) et commence sa vie publique.

    Cette introduction semble indiquer que l'auteur vise un groupe de personnes qui croient que Jean-Baptiste est le Christ, des chrétiens qui n'ont reçu que le baptême de Jean (le baptême de l'eau) et n'ont pas reçu le baptême de Jésus (le baptême de l'Esprit). Aussi insiste-t-il sur le fait que c'est bien Jésus qui est le Christ et la lumière du monde et non pas Jean-Baptiste. Nous savons que de tels groupes ont existé, notamment par les Reconnaissances clémentines ou par les textes mandéens qui, bien que tardifs, mais sans doute basés sur des traditions anciennes, mettent en scène des gens qui vénèrent Jean-Baptiste comme étant le Christ.

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    Message  Arlitto Lun 26 Oct - 13:22

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    Que nous dit la Bible au sujet de la falsification de la parole de Dieu ???.


    2 Corinthiens 2:14 Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l'odeur de sa connaissance !  15 Nous sommes, en effet, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent :  16 aux uns, une odeur de mort, donnant la mort; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie. Et qui est suffisant pour ces choses ?-  17 Car nous ne falsifions point la parole de Dieu, comme font plusieurs; mais c'est avec sincérité, mais c'est de la part de Dieu, que nous parlons en Christ devant Dieu. 


    1 Thessaloniciens 5:19 N'éteignez pas l'Esprit. 20 Ne méprisez pas les prophéties. 21 Mais examinez toutes choses; retenez ce qui est bon;…

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    Message  Arlitto Lun 26 Oct - 13:23

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    Isaïe 37 et 2 Rois 19 sont pratiquement identiques dans les traductions de la Bible.










    2 Rois 19:1
    Lorsque le roi Ézéchias eut entendu cela, il déchira ses vêtements, se couvrit d'un sac, et alla dans la maison de l'Éternel.

    2. Il envoya Éliakim, chef de la maison du roi, Schebna, le secrétaire, et les plus anciens des sacrificateurs, couverts de sacs, vers Ésaïe, le prophète, fils d'Amots.

    3. Et ils lui dirent: Ainsi parle Ézéchias: Ce jour est un jour d'angoisse, de châtiment et d'opprobre; car les enfants sont près de sortir du sein maternel, et il n'y a point de force pour l'enfantement.

    5. Les serviteurs du roi Ézéchias allèrent donc auprès d'Ésaïe.

    10. Vous parlerez ainsi à Ézéchias, roi de Juda: Que ton Dieu, auquel tu te confies, ne t'abuse point en disant: Jérusalem ne sera pas livrée entre les mains du roi d'Assyrie.

    11. Voici, tu as appris ce qu'ont fait les rois d'Assyrie à tous les pays, et comment ils les ont détruits; et toi, tu serais délivré!

    12. Les dieux des nations que mes pères ont détruites les ont-ils délivrées, Gozan, Charan, Retseph, et les fils d'Éden qui sont à Telassar?

    14. Ézéchias prit la lettre de la main des messagers, et la lut. Puis il monta à la maison de l'Éternel, et la déploya devant l'Éternel,

    15. à qui il adressa cette prière: Éternel, Dieu d'Israël, assis sur les chérubins! C'est toi qui es le seul Dieu de tous les royaumes de la terre, c'est toi qui as fait les cieux et la terre.



    2 Rois 19:36  
    Alors Sanchérib, roi d'Assyrie, leva son camp, partit et s'en retourna; et il resta à Ninive.

    37. Or, comme il était prosterné dans la maison de Nisroc, son dieu, Adrammélec et Scharetser, ses fils, le frappèrent avec l'épée, et s'enfuirent au pays d'Ararat. Et Ésar-Haddon, son fils, régna à sa place.

    Esaïe 37:1  
    Lorsque le roi Ézéchias eut entendu cela, il déchira ses vêtements, se couvrit d'un sac, et alla dans la maison de l'Éternel.

    2. Il envoya Éliakim, chef de la maison du roi, Schebna, le secrétaire, et les plus anciens des sacrificateurs, couverts de sacs, vers Ésaïe, le prophète, fils d'Amots.

    3. Et ils lui dirent: Ainsi parle Ézéchias: Ce jour est un jour d'angoisse, de châtiment et d'opprobre; car les enfants sont près de sortir du sein maternel, et il n'y a point de force pour l'enfantement.

    5.Les serviteurs du roi Ézéchias allèrent donc auprès d'Ésaïe.

    10.Vous parlerez ainsi à Ézéchias, roi de Juda: Que ton Dieu, auquel tu te confies, ne t'abuse point en disant: Jérusalem ne sera pas livrée entre les mains du roi d'Assyrie.

    11.Voici, tu as appris ce qu'ont fait les rois d'Assyrie à tous les pays, et comment ils les ont détruits; et toi, tu serais délivré!

    12.Les dieux des nations que mes pères ont détruites les ont-ils délivrées, Gozan, Charan, Retseph, et les fils d'Éden qui sont à Telassar?

    14.Ézéchias prit la lettre de la main des messagers, et la lut. Puis il monta à la maison de l'Éternel, et la déploya devant l'Éternel,

    15. à qui il adressa cette prière:

    16. Éternel des armées, Dieu d'Israël, assis sur les chérubins! C'est toi qui es le seul Dieu de tous les royaumes de la terre, c'est toi qui as fait les cieux et la terre.

    37. Alors Sanchérib, roi d'Assyrie, leva son camp, partit et s'en retourna; et il resta à Ninive.

    38. Or, comme il était prosterné dans la maison de Nisroc, son dieu, Adrammélec et Scharetser, ses fils, le frappèrent par l'épée, et s'enfuirent au pays d'Ararat. Et Ésar-Haddon, son fils, régna à sa place.

    2 rois 19 louis second

    Esaïe 37 louis second

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