Forum des Religions - Les Origines

La Tour de Babel :: l'origine de l'empire mondial des religions

    Syncrétisme

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    Message  Arlitto Ven 30 Avr 2021 - 18:59

    Syncrétisme

    Système philosophique ou religieux qui tend à fondre plusieurs doctrines différentes. [Ex.: la foi Bahá'í]

    Qu’est-ce que le « Syncrétisme » ?

    Le syncrétisme est le processus par lequel les éléments d'une religion sont assimilées à une autre religion conduisant à un changement dans les principes fondamentaux ou de la nature de ces religions. 

    Il est l'union de deux ou plusieurs croyances opposées, de sorte que la forme de synthèse est une chose nouvelle. Il n'est pas toujours une fusion totale, mais peut être une combinaison de segments distincts qui restent identifiables compartiments. A l'origine un terme politique, un «syncrétisme» a été utilisé pour décrire la jonction des forces rivales grecques sur l'île de Crète, en opposition à un ennemi commun.

    Le syncrétisme est habituellement associée au processus de communication. Il peut provenir de l'expéditeur ou le récepteur du message. L'expéditeur peut introduire des éléments syncrétiques dans une tentative consciente de la pertinence ou par la présentation d'une partie limitée et déformée du message. Il peut arriver inconsciemment à la suite d'une mauvaise ou insuffisante maîtrise du message. Le récepteur va interpréter le message dans le cadre de sa vision du monde. Cela peut fausser les données, mais propres à ses valeurs.

    Plus précisément, nous sommes confrontés à un problème de sens. Ce qui est effectivement compris par les mots, des symboles, ou d'actions tel qu'il est exprimé dans les credos, ou l'application à certains besoins, est le test de la présence de syncrétisme. Le récepteur est celui qui assigne un sens. Il est donc essentiel que l'expéditeur de communiquer avec des mots ou des symboles qui ne sont pas seulement approximative équivalents, mais quasi-dynamique, du sens.

    Dans la terminologie habituelle de l'histoire des religions, le syncrétisme désigne la fusion de deux ou de plusieurs religions, de deux ou de plusieurs cultes en une seule formation religieuse ou cultuelle. Mais ce terme est inapte à définir un phénomène religieux du point de vue de la véritable recherche historique. 

    Il est surtout réservé à présent à la polémique théologique entretenue par ceux qui opposent un christianisme authentique et originel à un christianisme « syncrétiste » qui se serait constitué sous l'influence d'apports païens et qui, comme tel, se serait transmis jusqu'à l'époque présente. Il s'agit là de la version moderne de l'ancienne polémique contre le « pagano-papisme », c'est-à-dire contre l'Église romaine en tant qu'on peut l'accuser d'être née sous l'influence du paganisme et sur des fondements païens ; cette polémique est aujourd'hui reprise et animée non seulement par les théologiens protestants mais aussi par les catholiques non conformistes. 

    Un tel débat repose sur la croyance en une vérité méta-historique du christianisme, vérité qui aurait été contaminée par ses réalisations historiques ; c'est précisément l'image hypothétique d'une telle contamination qu'on regarde comme étant le syncrétisme, lequel prendrait ainsi une forme objective pour la phénoménologie des religions. Mais, pour la science qu'est l'histoire des religions, la notion de l'objectivité d'un prétendu phénomène syncrétiste est parfaitement dépassée. Elle a eu son heure au temps où l'on cherchait, surtout à l'aide de modèles évolutionnistes, à expliquer chaque religion par une ou d'autres religions l'ayant précédée.

     La reconnaissance du processus syncrétiste dans une formation religieuse n'est plus tenue actuellement pour un moyen d'expliquer cette dernière, mais n'a qu'une valeur descriptive, c'est-à-dire non scientifique. 

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    Message  Arlitto Ven 30 Avr 2021 - 19:00

    Des critiques virulentes 

    Selon l’étymologie, le syncrétisme renvoie à l’entente entre deux Crétois, réputés, comme chacun sait, menteurs; entente dans le but évident de tromper leur monde. D’entrée de jeu, nous sommes sur nos gardes ! 

    De fait, le mot a, par définition, un sens péjoratif puisqu’il désigne la combinaison peu cohérente de propositions contradictoires ou d’éléments disparates empruntés à des systèmes de pensée différents, que ceux-ci soient philosophiques ou religieux. 

    Si l’intégration de ces éléments s’est poursuivie dans la recherche d’une certaine cohérence, alors, selon Lalande, il faut préférer le mot « éclectisme ». Cependant, même définie positivement, cette démarche (éclectique ou syncrétique) n’éveille guère de sympathie. Depuis Victor Cousin, elle évoque la synthèse, académique et superficielle, d’idées trop générales pour être porteuses d’un sens concret. 

    Ajoutons que les appareils ecclésiastiques suspecteront vite dans ces amalgames quelque dérive individuelle dangereuse pour les Églises. L’œcuménisme lui-même-même, pourtant très différent, n’a pas toujours eu bonne presse ! Et pourtant toutes les religions n’ont-elles pas intégré, dans leurs textes fondamentaux eux-mêmes, des éléments d’origines diverses ? Et ne sont-elles pas traversées, aujourd’hui encore, par des courants doctrinaux ou spirituels très différents ? 

    Un shopping spirituel ? 

    De nos jours, les critiques formulées contre le syncrétisme sont tout aussi virulentes. Peut-être plus. Citons au hasard quelques exemples empruntés au compte rendu d’un colloque consacré à la rencontre entre bouddhistes et francs-maçons.

    [*]Il ne s’agit pas, dit l’un des participants, «de faire du shopping spirituel, de batifoler de droite et de gauche, dans des formes de syncrétisme dans le mauvais sens du terme, c’est-à-dire de l’éparpillement, de la dispersion et des distractions».
    [*]Un autre évoque le risque, le danger «de syncrétisme et de confusion.»,… «J’ai comme l’impression, intervient Bernard Besret, qu’on est en train de faire du syncrétisme le dernier des péchés capitaux.» 

    Bref, le syncrétisme se confondrait-il avec le shopping spirituel ? Si oui, qu’est-ce que ça veut dire ? Faut-il automatiquement médire de cette forme de commerce ? Faut-il fermer les frontières de l’esprit! Ou ne les ouvrir qu’aux fonctionnaires patentés qui ont la charge de nos âmes ? 

    La question mérite d’être élargie. Aujourd’hui les cadres académiques ayant éclaté, la tentation et la peur du syncrétisme prennent leur source dans une réalité beaucoup plus profonde et plus angoissante : celle de la mondialisation. Le shopping ne porte pas que sur des marchandises (l’habitat, les modes vestimentaires ou l’alimentation). 

    L’internationalisation des marchés suscite la rencontre des cultures, bref le phénomène bien connu de l’acculturation. Et chacun sait que cette confrontation risque d’altérer la structure des sociétés les plus fragiles et ne laisse d’ailleurs aucune indemne. 

    La poudre à lessiver ou les traditions totalitaires ? 

    Le premier risque, c’est la banalisation, l’uniformisation. Des articles identiques envahissent les marchés (sans tenir compte d’ailleurs des besoins réels des peuples). Certes, il faut résoudre le problème du logement en Chine. Mais quand des immeubles tours d’un goût douteux poussent sur les ruines du vieux Pékin, on ne peut s’empêcher de s’inquiéter. A quoi bon encore voyager ? Et quand les autoroutes d’un syncrétisme superficiel auront gommé la particularité des chemins spirituels, à la longue, il y aura de quoi décourager le tourisme philosophique lui-même ! 

    On peut déplorer aussi l’effet de mode. Grâce à des méthodes publicitaires analogues, on peut lancer une poudre à lessiver ou une thérapie spirituelle. Déboussolés et souvent incultes dans ce domaine, certains sont prêts à avaler n’importe quoi. Sans aucun sens critique… Ceci les amène parfois à troquer l’orthodoxie de leur enfance contre l’enfermement pire de groupes fanatiques (je préfère ne pas utiliser le mot «sectes» qui recouvre n’importe quoi). D'autres au contraire restent peut-être trop ouverts de façon permanente. Sans se donner le temps de faire le point. Ils empruntent à la fois plusieurs chemins et, par la force des choses, ils réduisent leur engagement au discours conceptuel. Sans essayer d’en faire l’application concrète. Autrement, ils se sentiraient écartelés. 

    Cependant ce qu’on a appelé parfois la «déterritorialisation» n’explique pas seule l’émergence de nouvelles formes de syncrétisme. La mondialisation actuelle (libre circulation des marchandises et des idées) a été précédée, grâce notamment à la laïcisation des sociétés, d’une émancipation des individus par rapport à leur communauté traditionnelle. Déjà, à l’intérieur de leurs frontières nationales, ils ont acquis la possibilité de choisir entre plusieurs confessions religieuses, de les rejeter toutes ou même, éventuellement, de se livrer à ce que d’aucuns appelleront du shopping. Ils sont apparemment libres. Certains diront qu’ils flottent. 

    En réaction contre un individualisme, jugé égoïste et dépourvu d’esprit communautaire, les intégristes de tous bords ont prôné à la fois la fermeture des frontières économiques et le retour à des traditions totalitaires. 

    Est-ce la solution ? 

    En fait, la rencontre des systèmes de valeurs et des systèmes symboliques qui les véhiculent est inéluctable. Inutile de s’enfermer dans des traditions closes et tournées uniquement vers leur passé. Les ondes dues au choc des cultures ébranleront tous les blocs fermés (cf. les mouvements actuels qui font surface en Iran). 

    Une dialectique toujours possible 

    Plutôt que de se lamenter contre ce monde décoiffant, voué au changement et à l’ouverture, sans doute vaudrait-il mieux former des individus assez solides pour les affronter et les gérer. 

    Ici, il convient peut-être d’arrêter un instant notre attention sur la notion d’individualisme. On a coutume aujourd’hui d’identifier l’individualisme et l’égoïsme «dérégulé» de l’homo economicus néolibéral. 

    Or qui dit que l’individu est incapable de générosité ? Qui dit qu’il se construit seul dans n’importe quel milieu social, qu’il n’a pas faim de justice et qu’il n’a pas besoin d’aimer et d’être aimé ? 

    Et si l’individualisme pouvait désigner aussi un effort pour développer la maturité des individus, maturité qui leur permettrait d’accéder à l’autonomie, c’est-à-dire de se respecter les uns les autres, de décréter ensemble les règles économiques, sociales et politiques qui assureraient le meilleur développement possible pour tous et pour chacun… On peut rêver. On doit rêver. Ou alors renoncer à la démocratie. Défendre la dignité de l’individu postule une réflexion et une action sur la société où il est appelé à vivre. 

    La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est construite dialectiquement autour de ces deux pôles : respect des individus contre l’arbitraire du pouvoir, obligations des États à l’égard des individus. Beaucoup en parlent, mais souvent à des fins de propagande. Si les États s’en inspiraient réellement, la mondialisation serait moins menaçante et acquerrait une dimension éthique qui lui manque cruellement. Malgré les efforts de quelques-uns. Et peut-être alors, le réflexe de repli sur soi, de fermeture et de crispation sur un passé révolu, réflexe qui suscite les fondamentalismes, ferait-il place a plus de sérénité. 

    Vers un apprentissage du respect 

    Si j’ai cru nécessaire de faire un détour allusif en traversant à la hâte les plans économique, politique, social et éthique, il nous faut redescendre plus profondément jusqu’au niveau où l’esprit, la sensibilité et le corps s’enracinent dans le monde (ou parfois s’en détachent). Dans cet univers sans frontières, tous les chemins peuvent s’entrecroiser et donner lieu à ce que d’aucuns stigmatiseront aussi sous le nom de syncrétisme. 

    Je ne tiens pas au nom, mais à la chose. Ce syncrétisme d’un nouveau genre, si syncrétisme il y a, ne consiste plus à faire coexister des systèmes, ni à bricoler des parures exotiques. Il s’agirait plutôt pour chaque homme, pour chaque femme, de poursuivre son propre chemin spirituel le plus concret, qui, certes, prend son départ, son origine dans un environnement proche, mais peut, par la suite, trouver dans d’autres verts pâturages de quoi se nourrir ou de quoi se reconnaître. 

    Un tel voyage intérieur demande et en même temps développe cette maturation dont nous avons déjà parlé, maturation qui confère aux êtres le pouvoir de se gouverner soi-même, en s’assumant et en se dépassant. Sans ce pouvoir, toute action risque de dévier et de se corrompre. 

    Cette maturation ne peut se poursuivre dans un milieu fermé et trop protégé. Mais elle ne peut non plus s’orienter sans une formation culturelle solide et approfondie par la connaissance critique des grands textes de l’humanité. 

    Il serait urgent de mettre au point cette formation dans tout programme éducatif. Ce serait le meilleur moyen de défendre les jeunes contre les influences délétères de certains prosélytes, mais surtout de leur donner la capacité de comprendre les autres dans leurs diversités et dans toutes leurs nuances particulières. C’est à ce prix seulement que les nouvelles générations pourront trouver un équilibre. 

    Le shopping, après tout, cela s’apprend, qu’il soit spirituel ou non ! 

    Marthe Van de Meulebroecke, Philosophe agnostique, Vivre 98/3 Juin 1998 
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    Message  Arlitto Ven 30 Avr 2021 - 19:01

    Bembé de San Lazaro - 17 de diciembre   



    Fête syncrétique annuelle de la San Lazaro à Santiago de Cuba, filmée le 17 décembre 2004. 

    La maison ou à lieu ce bembé est la seule à Cuba où on utilise par tradition un aérophone nommé botija ou botijuela (une cruche utilisée autre fois dans le son cubain) en plus des tumbadoras, chékérés et un fer battu, instrumentation habituelle du bembé d'Oriente. On verra qu'il existe au moins deux techniques pour utiliser la botija, selon les instrumentistes qui se relaient. Ce jour-là diverses personnes sont tombées en transe. Nous n'insistons pas à l'image sur cet élément (les personnes sont difficilement reconnaissables), mais il serait trompeur de n'en rien montrer, ceci étant habituel dans ce type de festivité (aussi ouverte que peut l'être une maison privée)... et témoignant - entre autres choses - de sa réussite. Vidéo http://www.ritmacuba.com 
    (version 2011, 1ère version youtube en 2 parties : 2008)

    17 de Diciembre fiesta syncrética anual de San Lazaro en Santiago de Cuba. La casa donde se realiza este bembé es la unica casa en Cuba donde se utiliza por tradicion un aérophone, como nombre
    Botija o Botijuela (tiene forma de cantaro ; es utilizado otras veces en el son cubano ). Los otros instrumentos : tumbadoras, chékérés y en un hierro golpeado, forman la instrumentación habitual de bembe en la zona de Oriente. Vemos que existe al menos dos técnicas para la utilizacion de la botija, segun los instrumentistos sucesivos. Ese dia diversas personas son caidas en transe . Nosotros no insistimos a obtener la imagen sobre algunos elementos ya que las personas son dificilmente reconosibles.
    (versión de 2011, la mas reciente, la 2 parte de la vieja version en 2 partes fueron vistas 51 000 & 45 000 veces, respectivamente).
    Ponen sus comentarios en la pagina ritmacuba de facebook que no los recibimos por youtube, y asi podemos responder...




    Note : La seule chose qui me plaît dans cette vidéo, c'est le rythme afro/cubain "Bembé" joué sur les congas et qui est un rythme ternaire 6/8 qui se joue sur le 1er temps pour ceux qui connaissent  
    Syncrétisme Musique
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    Syncrétisme Empty La foi baha'i, universelle, syncrétique, et fraternelle

    Message  Arlitto Ven 30 Avr 2021 - 19:01

    La foi baha'i, universelle, syncrétique, et fraternelle

    Syncrétisme 300px-Bah%C3%A1%27%C3%AD_gardens_by_David_Shankbone

    Le mausolée du Báb au sommet du mont Carmel à Haifa.

    La foi bahá’íe

    La Terre n'est qu'un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens (extrait des Ecrits bahá'ís)

    Encore peu connue en France, la Foi bahá’íe est la plus récente des religions révélées. Après 160 ans d’existence, elle compte 7 millions et demi de croyants (Encyclopédie Britannica) appartenant à plus de 2100 groupes ethniques de par le monde, et répartis dans plus de 190 pays et 46 territoires dépendants ce qui en fait la seconde religion géographiquement la plus répandue après le Christianisme. Ses écrits sont traduits dans plus de 800 langues.

    La Communauté Internationale Bahá’íe a depuis 1948 le statut d’ONG auprès de l’Organisation des Nations Unies. Depuis 1970 elle est dotée d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social (ECOSOC) et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Elle entretient également des relations de travail avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et est associée au Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

    La religion bahá’íe a vu le jour au milieu du XIXe siècle en Perse (voir la rubrique Historique). Son fondateur est Bahá’u’lláh, un noble persan, qui a proclamé en 1863 être le porteur d’une nouvelle révélation, un nouveau message divin, dont la finalité est d’établir l’unité de la race humaine.

    Comme toute religion, la Foi bahá’íe comporte des Ecrits saints et des règles de vie. Mais elle n’a pas de clergé, chaque croyant étant appelé à lire et comprendre par lui-même les Ecrits. La communauté est dirigée par des instances élues, au niveau local, national et international.

    Les principes auxquels croient les bahá’ís et qui constituent la base de leur action sont résumés dans un texte de Shoghi Effendi, arrière-petit-fils de Bahá’u’lláh :

    « La Foi bahá’íe reconnaît l’unité de Dieu et de ses prophètes, soutient le principe de la recherche sans entraves de la vérité, condamne toutes formes de préjugé et de superstition, enseigne que le but de la religion est de promouvoir l’amitié et la concorde, proclame qu’elle doit aller de pair avec la science, et affirme qu’elle est le principal facteur de pacification, d’ordre et de progrès de la société. Elle affirme sans équivoque le principe de l’égalité des droits, des opportunités et des privilèges pour les hommes et pour les femmes, recommande l’éducation obligatoire, élimine les extrêmes de richesse et de pauvreté, élève au rang d’adoration le travail accompli dans un esprit de service, recommande le choix d’une langue auxiliaire internationale, et propose les institutions nécessaires pour établir et perpétuer une paix durable et universelle. »

    essentiels
    Le but de la religion est de favoriser l’épanouissement individuel, l’équilibre et le bonheur de la société en y établissant la concorde, la justice et l’unité. Pour atteindre cet objectif, Bahá’u’lláh a énoncé il y a plus de 140 ans les principes suivants :

    Unité dans la Diversité
    L’élément central du message bahá’í est la nécessité de réaliser l’unité entre les peuples, les nations, les religions, en un mot l’unité du genre humain : « Le grand Être dit : Voici, ô mes bien-aimés, que vient d’être établi le tabernacle de l’union ; ne vous regardez donc plus comme des étrangers. Vous êtes les fruits d’un même arbre, les feuilles d’une même branche. » Bahá’u’lláh

    Cette unité doit toutefois se réaliser dans la diversité, c’est-à-dire en prenant en compte toute la richesse des différences qui existent au sein de l’humanité. Ce n’est en effet pas la diversité qui est à l’origine des conflits, mais simplement une attitude d’intolérance envers ce qui est différent.

    ’Abdu’l-Bahá écrit à ce sujet :

    « Si quelqu’un prétendait que l’unité ne peut pas être réalisée dans le monde parce que les peuples différent profondément dans leurs manières, leurs habitudes, leurs goûts, leurs tempéraments, leurs caractères, leurs pensées et leurs vues, nous lui répondrions qu’il y a deux sortes de différences. L’une est cause de destruction, comme le montre l’esprit de rivalité et de lutte qui anime les nations en conflit ou antagonistes. L’autre n’est qu’un signe de la diversité, un symbole secret de la perfection et la révélation des bénédictions du Très-Glorieux.

    Vois les fleurs d’un jardin : bien que d’espèce, de forme, de couleur et de taille différentes, elles sont cependant rafraîchies par les ondées d’un même printemps, ravivées par les brises du même vent, revigorées par les rayons d’un même soleil, et leur diversité ajoute à leur charme et accroît leur beauté.

    Combien serait morne pour l’oeil un jardin où plantes, feuilles, fleurs, branches et arbres seraient calqués sur un même modèle et auraient la même couleur ! La diversité des tons, des formes et des dimensions fait la richesse et l’ornement du jardin dont ils rehaussent l’effet. De même, lorsque plusieurs modes de pensée, de tempérament et de caractère sont placés côte à côte sous le pouvoir et l’influence d’un agent unique, la gloire et la beauté de la perfection humaine se révèlent et deviennent manifestes. »

    L’agent dont il est question ici est de nature spirituelle :

    « Seule la puissance céleste du monde divin qui gouverne et transcende la réalité des choses a le pouvoir d’harmoniser les divergences des pensées, des sentiments, des idées et des convictions qui règnent chez les enfants des hommes. »


    La foi bahá’íe en France

    La Foi bahá’íe a été introduite en France en 1898. En un siècle d’existence, elle s’est implantée dans plus de 500 localités.

    Dès 1844, le Quai d’Orsay avait reçu de ses diplomates en Perse des rapports témoignant du drame dont étaient victimes les bábís.
    En 1865 la publication du livre « Religions et philosophies de l’Asie centrale » du comte Arthur de Gobineau révéla l’existence de cette nouvelle religion à l’opinion publique française, et en fit un sujet de conversation dans certains salons parisiens.

    En 1868, Napoléon III, alors au faîte de sa gloire, fit peu de cas du message de Bahá’u’lláh adressé aux rois et dirigeants de son temps. Dans une seconde épître, Bahá’u’lláh prédit à l’Empereur sa chute imminente. Quelques mois plus tard ce fut la défaite de Sedan. 
     
    La première bahá’íe en France fut une Américaine résidant à Paris et nommée May Bolles. En 1898 elle entendit parler pour la première fois du message bahá’í, auquel elle adhéra immédiatement. Elle forma dans la capitale le premier groupe bahá’í d’Europe. Ce groupe comptait 25 membres dont un grand nombre d’artistes et d’étudiants.

    Les idées bahá’íes se répandirent bien que ses adeptes ne pratiquent pas le prosélytisme et malgré le climat de l’avant-guerre en France à cette époque.

    On retiendra entre autres le nom d’Hippolyte Dreyfus, premier bahá’í français, de Victor et Elise Ponsonaille, fondateurs de la première école bahá’íe pour enfants défavorisés, ou encore de Laura Barney, chevalier puis officier de la légion d’honneur pour son action humanitaire et en faveur de la condition féminine. 

     En octobre 1911, Abdu’l-Bahá, fils de Bahá’u’lláh, qui était alors à la tête de la jeune communauté mondiale, arriva à Paris où il séjourna 9 semaines au 4 avenue de Camoëns, non loin de la Tour Eiffel. C’est alors que le tout Paris, croyants ou athées, instruits ou ignorants, français ou étrangers, journalistes ou personnalités du monde politique et littéraire se pressèrent pour l’entendre. Abdu’l-Bahá donna ainsi 51 causeries au cours desquelles il proclama l’unicité de Dieu, l’identité fondamentale de toutes les religions, le besoin de tenir compte de la réalité spirituelle de l’Homme. Il affirma que lorsque le peuple français se serait libéré du scepticisme et du matérialisme, il insufflerait à l’Europe la vitalité et l’enthousiasme nécessaires au changement des mentalités et à l’abolition des racismes et des nationalismes. 
    La communauté bahá’íe bénéficie aujourd’hui en France du statut d’association cultuelle régulière. 



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